Extrait du magazine n°499
À Saint-Nazaire, les milliers de salariés des Chantiers de l’Atlantique imaginent et fabriquent des géants des mers à un rythme effréné. Le carnet de commandes est plein, mais le fleuron de la construction navale française doit se réinventer pour répondre à la nécessaire transition écologique.

Sur les quais de Saint-Nazaire, c’est l’effervescence en ce doux matin de novembre. Le Celebrity Ascent, dernier-né des Chantiers de l’Atlantique, a pris la mer quelques heures plus tôt, laissant sa place dans les ateliers à son alter ego de 327 mètres.
Non loin de là, la construction de l’Utopia of the Seas, avec ses 2900 cabines et ses 15 piscines, va bon train. Dans cette zone portuaire où travaillent 3600 salariés des chantiers, 8000 si l’on compte les sous-traitants, il suffit de lever la tête pour s’apercevoir que l’activité tourne à plein régime. Ici, tout est démesure : jusqu’à 2000 salariés sont mobilisés en même temps, représentant 50 métiers nécessaires à la réalisation de ces «villes flottantes» qui peuvent accueillir jusqu’à 7 000 passagers. « Tout ce qui flotte et qui dépasse 200 mètres de long arrive à Saint-Nazaire », résume Olivier Le Moigne, délégué syndical CFDT.