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Extrait de l'hebdo n°3959
Cinq mois après l’annonce choc de la fermeture des usines de Cholet et Vannes, trois syndicats ont décidé de signer le plan de sauvegarde de l’emploi qui définit les mesures d’accompagnement des 1 254 salariés.

Une page se tourne chez Michelin. Non sans amertume, pour bon nombre de salariés comme pour leurs représentants syndicaux. Après quatre mois de négociations parfois houleuses, la CFDT, la CFE-CGC et Sud (ces trois organisations syndicales représentent 80 % des voix aux élections) ont décidé de signer l’accord relatif aux mesures d’accompagnement des 1 254 salariés concernés par la fermeture des usines de Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan). À Cholet, « les négociations ont été particulièrement difficiles, surtout au début, se souvient Ludovic Robert, délégué syndical du site ligérien. Nous avons signé parce que nous avions deux choix possibles : partir avec les premières mesures ou avec ce que nous avions réussi à améliorer, comme des préretraites plus tôt et une augmentation des indemnités. C’est un choix difficile mais nécessaire ».
Un accord sensiblement amélioré
L’accord, officiellement signé le 24 mars, prévoit un dispositif de mobilité interne pour les salariés volontaires ainsi que des mesures de mobilité externe, dispositif qui concentre le plus gros des effectifs (900 salariés environ). Ces propositions finales, « il a fallu aller les chercher pied à pied, alors que la direction essaie depuis le début d’obtenir un PSE à moindre coût », confie le délégué central CFDT Laurent Bador. In fine, l’enveloppe globale des mesures d’accompagnement est « supérieure de 18 % à celle accordée en 2020 lors de la fermeture de l’usine de La Roche-sur-Yon et de 35 % à ce que les salariés auraient touché en l’absence d’accord ».
Dans le détail, en cas de mobilité externe, l’indemnité supralégale prévoit une indemnité forfaitaire de 40 000 euros bruts, une majoration de 1 250 euros par année d’ancienneté et une majoration en fonction de l’âge comprise entre deux et six mois de salaire. Côté mobilité interne, des aides au logement sont notamment prévues. Quant aux salariés dont le départ en retraite à taux plein interviendra au 1er janvier 2031, l’accord prévoit une dispense d’activité pour deux tiers du temps rémunérée à 75 % du salaire brut.
Quelle est la stratégie industrielle de Michelin ?
De son côté, la CFDT Chimie Énergie a choisi d’interpeller le ministre de l’Industrie afin d’exiger « la recherche de repreneurs de ces deux usines, dont la fermeture reste inacceptable, et une politique industrielle qui permette de maintenir la compétitivité des entreprises françaises et de les soutenir dans leurs transformations nécessaires. » En l’état, la stratégie industrielle du groupe Michelin continue de questionner la CFDT. « Rien n’est réglé pour les autres usines du groupe – qui sont actuellement, et pour certaines depuis un certain temps, en sous-activité. Il faut revoir la stratégie à court, moyen et long terme si l’on veut sauvegarder les emplois chez Michelin », estime Élisabeth Fleury, de la fédération.
Les fermetures d’usines ne sont pas un problème strictement franco-français. Le fabricant de pneumatiques a en effet décidé des fermetures aux États-Unis et en Allemagne, des réorganisations en Chine et en Pologne, et la vente de deux usines au Sri Lanka.