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Extrait de l'hebdo n°3959
Le collectif CFDT d’ArcelorMittal, la CFDT Territoire d’énergies dunkerquoises et le syndicat des dockers CNTPA-CFDT ont mené une opération coup de poing pour défendre l’acier vert. Alors que le projet doit permettre de maintenir des milliers d’emplois dans la région, ArcelorMittal retarde les investissements.

Le 24 mars dernier, dès 4 h 30, des militants vêtus de vestes, blousons et chasubles orange se sont dispersés aux quatre points d’entrée du site ArcelorMittal de Grande-Synthe - Dunkerque (Nord / Hauts-de-France) pour tracter. Baptisée « Acier vert : sauvons nos emplois ! », l’opération – organisée à l’initiative du collectif CFDT d’ArcelorMittal, de la CFDT Territoires d’énergies dunkerquoises (TED) et du syndicat des dockers CNPTA-CFDT1 – vise à faire émerger un vaste mouvement de mobilisation en faveur du projet d’acier vert.
Pour l’instant, le projet a du plomb dans l’aile : l’investissement d’un milliard d’euros prévu par le groupe sidérurgique ArcelorMittal « a été mis en attente », résume Jean-Michel Joubin, secrétaire CFDT de la section d’ArcelorMittal. Inconcevable selon la CFDT, qui juge « impératif que les promesses d’investissement soient tenues. Ces investissements, c’est l’avenir ».
Au moins 15 000 emplois concernés
À la clé, des milliers d’emplois et un savoir-faire extrêmement précieux sont concernés. « Si ArcelorMittal Dunkerque, dont le site est directement connecté à son port, remet en cause ses investissements locaux, tout le monde sera impacté. Les salariés de la sidérurgie au premier chef, mais aussi les dockers, dont une partie de l’activité est liée au chargement et déchargement de minerai pour ArcelorMittal, ainsi que les travailleurs de l’énergie, des transports, de la maintenance et de toutes les autres entreprises sous-traitantes », indique Franck Gonsse, secrétaire général CNTPA-CFDT.
Sur le territoire dunkerquois, la CFDT estime qu’un total de 15 000 emplois directs, indirects et induits seront concernés : près de 4 000 emplois directs dans l’industrie, 4 000 emplois indirects dans la sous-traitance, auxquels s’ajouteraient près de 7 000 emplois induits. Sans oublier quelque 350 emplois de dockers également impactés. Par effet domino, les conséquences se feraient aussi sentir dans d’autres sites d’ArcelorMittal, notamment en Lorraine.
Les promesses de l’acier vert ne concernent d’ailleurs pas seulement l’emploi : ce procédé décarboné est aussi gage de moins de pollution et d’une moindre production de poussières dans l’atmosphère – autant d’atouts à impact environnemental. « ArcelorMittal a investi en Alabama, au Brésil et en Chine. Il ne doit pas se dédire en France », rappellent les militants CFDT.