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Extrait de l'hebdo n°3954
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Les prévisions budgétaires de l’Unédic sont un peu comme les chiffres du chômage : scrutées à la loupe. Alors que l’organisme paritaire tablait, à l’automne dernier, sur des excédents du régime jusqu’en 2027, les comptes de l’assurance chômage se révèlent moins bons que prévu. Dans ses dernières prévisions financières, publiées le 19 février, l’Unédic anticipe désormais un léger déficit de 200 millions d’euros en 2025 puis un excédent de 200 millions en 2026… soit un solde nul.
Plus de dépenses et moins de recettes…
« Nos prévisions financières résultent des éléments conjoncturels mais aussi de ce que l’État a fait supporter en dépenses au système tout en baissant les recettes », s’est agacé le président (Medef) de l’Unédic, Jean-Eudes Tesson, lors d’une conférence de presse. Depuis 2019, l’État ponctionne en effet les comptes de l’Unédic afin de financer France Travail et France Compétences. Ainsi, en 2024, l’organisme paritaire – qui avait anticipé des excédents de plus d’un milliard d’euros – a fini à… zéro.
La dette du régime, quant à elle, devrait atteindre en 2026 son niveau de 2023, soit 59,3 milliards d’euros, conséquence directe des prélèvements de l’État et de la surcharge des taux d’intérêt. Une situation qui avait poussé les organisations syndicales et patronales à interpeller directement le Premier ministre François Bayrou dès les premiers jours de sa prise de fonction. « Depuis 2023, les prélèvements de l’État stoppent le désendettement du régime à hauteur de 13 milliards d’euros », rappelaient-ils alors.
Un rôle d’amortisseur économique et social fragilisé
Côté conjoncture, la situation n’est guère plus reluisante, le contexte économique – marqué par des plans sociaux qui se multiplient dans tous les secteurs d’activité – n’étant pas favorable à l’emploi. Si l’Unédic estime que les destructions d’emplois resteront limitées en 2025 (– 49 000) et que les créations d’emploi repartiront lentement en 2026 (+ 78 000) et 2027 (+ 139 000), ses gestionnaires s’inquiètent du fait que son « rôle d’amortisseur économique et social soit fragilisé ». Comme les principaux organismes de la sphère économique, l’Unédic s’attend à une hausse du chômage continue en 2025…