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Ces dernières semaines, des dizaines d’entreprises françaises ont reçu un courrier de l’ambassade américaine leur ordonnant d’abandonner leurs dispositifs en faveur de la diversité et de l’inclusion, au risque de se voir exclure des appels d’offres et du marché américain. Ce chantage est inacceptable pour la CFDT, qui appelle les employeurs à résister.

Comme une énième provocation de Donald Trump. Depuis quelques semaines maintenant, l’administration américaine exhorte les grands groupes français à revenir sur leur politique d’entreprise en faveur de la diversité et de l’inclusion. À la fin mars, une nouvelle étape a officiellement été franchie, matérialisée par un courrier de l’ambassade américaine. « Nous vous informons que le décret 14173, concernant la fin de la discrimination illégale et rétablissant les opportunités professionnelles basées sur le mérite, signé par le président Trump, s’applique également obligatoirement à tous les fournisseurs et prestataires du gouvernement américain, quels que soient leur nationalité et le pays dans lequel ils opèrent. » La lettre et le questionnaire adressés aux grands groupes français sont clairs : si vous souhaitez continuer à travailler avec nous, il vous faudra renoncer aux politiques de diversité et d’inclusion en vigueur dans vos entreprises et vous soumettre au bon vouloir de Donald Trump.
De fait, ce courrier s’inscrit dans la continuité des ambitions affichées par le président américain d’en finir avec les politiques dites inclusives. Rappelons que l’une des premières mesures prises par le 47e président des États-Unis lors de son entrée en fonction, le 20 janvier dernier, consistait à acter la fin des programmes DEI (diversité, équité et inclusion) de l’ensemble des employeurs américains, et qui avaient été mis en place par son prédécesseur, Joe Biden.
Refuser de se soumettre
« Cette ingérence dans les politiques des entreprises françaises est inacceptable, alerte Béatrice Lestic, secrétaire nationale de la CFDT chargée de l’international. Nous demandons aux entreprises françaises de résister à ces injonctions […] synonymes de soumission à l’administration Trump. » La CFDT y veillera, quoi qu’il arrive. « Avec la vigilance de nos militantes et militants d’entreprise et de nos mandatés dans les conseils d’administration et de surveillance, nous nous assurerons que les politiques en faveur de la diversité, de l’égalité femme-homme et de l’inclusion ne soient pas remises en cause. »
Ces derniers mois, aux États-Unis, des centaines d’entreprises ont fait marche arrière en ce qui concerne leur politique de diversité, à l’image de John Deere, fabricant de matériel agricole, Ford, l’un des principaux constructeurs d’automobiles du pays, Microsoft, mastodonte de l’informatique ou encore Walmart, premier groupe mondial de la grande distribution avec ses 2,1 millions de salariés.